La fin du monde : Tome 4

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Message  L Rabbit le Dim 26 Juil - 23:18

La fin du monde : Tome 4 Thegreatharvest

La Grande Récolte


De loin, les Blood Raiders contemplèrent la mort de leurs petites chasseresses. Le vaisseau des Sœurs d’EVE qu’on leur avait ordonné de poursuivre venait de lier son destin au plus grand repère de drones qu’Antar n’ait jamais vu.

Ca avait été un spectacle inimaginable. Le vaisseau des Sœurs, après être resté passif durant un certain temps, s’était avancé et avait immédiatement été ciblé par les drones. Quelques une des monstrueuses machines s’étaient approchées et avaient, semble t’il, engagé une sorte de dialogue. Les Raiders n'avaient pu capter aucune transmission, mais puisque les drones n’avaient pas immédiatement attaqué, Antar en avait conclu qu’ils devaient être occupés par une forme de conversation.

Peu de temps après, les drones recommencèrent à s’avancer, se refermant sur les Sœurs telle une proie piégée et la déchirant littéralement en pièces. La dernière chose que l’équipe d’Antar pu voir du vaisseau avant que les drones ne l’enveloppe totalement fut un aperçu de sa cabine de pilotage, qui ne ressemblait plus alors qu’à un bout de métal tordu.

Une partie de l'équipage d’Antar avait ri et gesticulé – on ne reste pas longtemps Blood Raider si l’on ne sait pas profiter de la terreur -, mais il s’agissait d’un rire nerveux, atténué par la crainte de ce qui pourrait se passer ensuite. Quelqu’un demanda à Antar s’ils allaient emprunter le même chemin, et ce dernier saisit l’occasion pour insuffler le calme à son équipage.

"Au Diable si nous y allons. Passez-moi le QG", s’exclama-t-il dans une bravade un peu caricaturale. "Quelqu'un a voulu que nous soyons ici et il est temps qu’on nous explique enfin de quoi il s’agit."

Cela pris au responsable de la communication bien plus longtemps que prévu pour obtenir une réponse de la base des Raiders. Pendant un instant, Antar se demanda si lui, également, n’avait pas été amené ici telle une sorte de proie. Il dû admettre qu’il n’y aurait rien d’étonnant à cela. Il avait joué au croyant pieu comme à l’hédoniste exubérant, et dans certaines de ses longues nuits, il se demandait ce qu’il adviendrait une fois qu'il aurait comblé toutes les défaillances de son âme. Mieux valait être sacrifié si cela signifiait quelque chose, ne serait-ce que pour ses ennemis, plutôt que d’être exterminer sans raison aucune.

Le matelot lui fit signe, l’éjectant de sa rêverie.

"QG, me recevez vous ? demanda Antar.

Une voix lui répondit : «Un instant.»

Antar fronça les sourcils vers son matelot, qui haussa les épaules et leva les mains, paumes ouvertes.

Peu de temps après, une autre voix sortie des enceintes. Elle avait un léger grésillement grinçant qui donna à Antar la chair de poule. « Félicitation, Raiders! Vous n'avez aucune idée de votre chance. »

Le capitaine connaissait la voix, mais ne parvint pas à se souvenir d’où. "Pourriez-vous nous indiquer votre identifiant, s'il vous plaît?" dit-il, sur un ton qu il conserva dénué de toute trace de défi.

"Certainement, capitaine. Mon nom est Omir Sarakusa. Il y a très longtemps un groupe d'hérétiques Amar se mit à son propre compte, à la recherche de fortune et de gloire sous le nom de Sani SABIK. Je suis le leader d’une de leur branche, un groupe appelé les Blood Raiders. Je suppose que vous en avez déjà entendu parlé."

L’estomac d’Antar se pétrifia. Tous les visages sur le pont eurent la même réaction. "Monsieur, c'est un honneur. Réellement."

"C'est gentil Capitaine, répondit la voix, et Antar pouvait jurer qu’il y avait en elle quelque chose de totalement inhumain," Mais à présent, je souhaiterai connaître votre évaluation tactique de la situation. "

"Monsieur, nous regardons actuellement une ruche de drones rogues- absolument monstrueuse en vérité - et il y a peine quelques minutes, nous les avons vu déchiqueter le vaisseau des Sœurs que nous avions pour instruction de suivre. Je ne sais pas ce que son capitaine cherchait, mais il a pris le mauvais chemin pour l’atteindre

«Voilà qui est ennuyeux, capitaine. Je m’apprêtais à vous demander d’emprunter la même route »

Antar ne su définir ‘il y avait l'humour ou de la gravité dans le ton de Sarakusa. Il ne put s’empêcher penser que la folie, qui était volontiers un thème de la vie Blood Raider, combinait souvent les deux.

"A quoi pensez-vous, capitaine?"

"Que je ferais mieux de mettre de l’ordre dans mes affaires monsieur", risqua Antar.

"Auriez-vous une solution alternative à proposer ?"

"Disons monsieur", repris Antar: "Mon équipage ainsi que moi-même sommes à la base des Blood Raiders et honnêtement, je ne dirai pas que nous ayons peur de la mort. Mais, si j’avais le choix, je préfèrerais qu'elle ne soit pas vide de sens. Je suppose qu’on m’a demandé de venir ici pour une raison, et je suppose également qu'il y a quelque chose de l'autre côté de ces machines folles, qui vaille la peine d’être récupérée".

"C'est exacte, capitaine, Continuez."

"Nous n’en avons pas encore parlé monsieur, mais à l'amusement à peine dissimulé de votre voix, je suspecte que vous savez ce qui se trouve ici et comment l'obtenir. Mais le mieux, au vu de mon périmètre d’action, si nous voulons réussir à passer totalement tous ces drones meurtriers, c’est de faire appel à une armada de Blood Raiders et à n’importe qui d’autre qui souhaiterait nous supporter, pour foutre le feu à ces bêtes en métal."

"Ce n'est pas un mauvais plan, Capitaine. Compte tenu de votre intellect, je suppose que c’est effectivement le seul plausible."

"Ce serait une opération appropriée. Monsieur."

"Et c’est pour cela qu’elle ne fonctionnerait pas. La chose qui se trouve de l'autre côté de ces drones, la machine que recherchaient les soeurs, est extrêmement précieuse et hautement désirée par la quasi-totalité de l'empire et même au-delà. Le simple fait d'accumuler une flotte attirerait bien trop l'attention sur nous même, avant que nous ne soyons prêts. Une série d’attaque sur la base des drones aurait les mêmes conséquences, mais nous n’aurions alors pas besoin d’en arriver là, car à peine le monde aurait-il découvert ce qui se trouve de l'autre côté, que tous s’entredéchireraient afin de l’atteindre en premier."

"Monsieur, qu’est qui est de l'autre côté?"

"La super-arme de Jaryl Sarum, fils. La fin du monde".

Le capitaine se tenait là, sans voix.

"Nous avons des amis, capitaine, qui vont grandement nous faciliter cette opération. Ils ont des espions au sein du rang des sœurs - en fait, ils affrontaient même les Soeurs lors d’anciennes chasses afin d’obtenir d'étranges reliques, mais en aucune façon aussi magnifique que celle ci - et ils ont été parfaitement heureux de laisser les sœurs nous montrer la voie vers cette arme. Je vais vous mettre en liaison directe avec eux sous peu. Vous aller obéir à leurs instructions à la lettre. Si vous faites cela, j'ai des raisons de croire que cette quête, qui est la votre, s’achèvera en vous apportant la plus grande arme de destruction que l’humanité n’est jamais connue. Comprenez-vous ce que cela signifie, capitaine? "

Antar imagina. L'arme, entourée par une armada de son peuple, traversant l’Empire spatial comme du poison dans une veine. Une ombre planant sur les autres vaisseaux, les stations spatiales, les villes sur les planètes, et rejetant ses déchets à la vue de tous. Des millions d’êtres humains, des milliards, balayés par une force que personne ne pourrait arrêter. Ce serait la plus grande récolte que la secte n’ait jamais réalisée. Le plus grand massacre dans toute l’histoire de l’humanité. Ils ne laisseraient que les restes de la vie derrière eux. Ce serait le point culminant dans l’existence des Blood Raiders, la réalisation de tous leurs objectifs. La fin du chemin.

"Je comprends, monsieur," dit-il, et il le comprenait, au-delà de toute mesure.

"Je perçois des doutes dans votre voix, capitaine, même à travers cette grande distance. Auriez-vous quelques remords au sujet de l’incroyable récolte que cette arme nous permettrait d’envisager ?"

En effet. "En aucune sorte, monsieur." Il ne se souciait pas le moins du monde du carnage. C’était quelque chose d’autre qui guettait tout son esprit, mais ce n’était pas le moment d’y penser.

Alors, vous savez à quel point il est important que tout se passe comme prévu. Encore une fois, obéissez aux instructions de nos amis et vous en sortirait non seulement en un seul morceau, mais comme un héros de la Sani SABIK".

"Oui, monsieur."

La ligne coupa.

Peu de temps après, ils étaient salué de nouveau. Une nouvelle voix parla, elle était inconnue du capitaine. Elle semblait dénuée de toute émotion, comme morte. Elle demanda :

"M’écoutez-vous ?"

"Oui", répondit Antar.

La voix poursuivit: "Nous allons charger vers votre vaisseau un nombre important de données. Une fois que vous les aurez acceptées, vous aller en vérifier leur totale intégrité, car toute erreur vous tuerait et nous ferait perdre la mission entière. Cette masse de données est une clé d'accès qui altérera le programme des drones, et le rétablira à son état initial, vous garantissant un passage sans danger. Nous vous faisons confiance car nous ne pouvons être vus dans cette zone, mais nous attendons une récompense. Une fois que vous aurez obtenu l'arme, vous l’amènerez à un endroit choisi afin que nous puissions l’inspecter. Nous sommes intéressés par le fonctionnement de la chose, pas par son utilisation."

Et dans sa production, j’en suis sûr, pensa Antar. Mais il ne dit rien.

La voix continua: "Une fois que nous aurons terminé notre inspection, vous serez libre d’utiliser l'arme pour votre groupe comme cela vous chante. Vous pourrez utiliser les drones autant que nécessaire afin de vous ravitailler en carburant. Mais vous devez comprendre que toute tentative de violer les termes de cet accord, par exemple en omettant de ramener le vaisseau à temps à la location désignée, aurait des conséquences désastreuses pour vous et votre faction. "

"Vous allez à la piéger, n'est-ce pas?" dit Antar, moins comme une question que comme un constat résigné.

"Bien sûr", dit la voix, moins comme une réponse évidente que comme la déclaration d’un fait. "Elle l’est déjà d'une certaine manière, mais les drones vont s'occuper de cela. Au lieu de désactiver les pièges, ils vont en prendre le contrôle pour nous. Ou nous obtenons l’arme, ou personne ne l’obtient."

"Comment pouvons-nous savoir que vous n’allez pas nous trahir?" répondit Antar. Cela, aussi, ce n’était pas une question, mais il sentit que cela devait être demandé, ne serait ce que pour que son équipage sache qu’il l’avait envisagé
.
" Vous ne pouvez pas, en l’occurrence, ", lui répondit la voix. "Mais vous pouvez tout à fait nous faire confiance pour faire exploser le vaisseau si vous échouez. Préparez-vous pour l'acceptation de la chaîne de données. Et amenez le vaisseau à la station délabrée, planète dix, lune deux dans le système de Roua."

La transmission pris fin. Quelqu'un dans son équipage précisa, "C'est dans la zone … de la Société de la Pensée Consciente, Monsieur."

Le capitaine ferma les yeux. "Qu’il en soit donc ainsi", dit-il.

Il entendit le navigateur parler, "Données transmises, Monsieur," et inclina la tête en signe d’acceptation.

Peu de temps après le vaisseau se mit à avancer en direction de l’immense ruche. Les drones le ciblèrent immédiatement et engagèrent le combat.

Le vaisseau transmis alors les données, et durant ce bref moment de calme, Antar pensa avec une évidence perverse qu'ils étaient condamnés à mourir.

Son opinion se changea en un étonnement perplexe lorsque les drones les plus pochent se désengagèrent soudainement, arrêtés comme détruits durant leur ciblage, et commencèrent à tourner autour du vaisseau comme s’ils étaient en train de le protéger. Il demanda au navigateur d’afficher en grand une image de la ruche, et ce qui s’afficha fut incroyable. C'était comme si une vague cognitive et dissonante s’était abattue sur ces pauvres machines. Ceux qui s’étaient dirigé vers le vaisseau allaient à présent dans toute la direction, certains vers la ruche, d'autres vers l'étoile bleue dans le lointain, et quelques autres dans des directions qui semblaient tout à fait aléatoires. D'autres, principalement les drones qui transportait l’isogen-5 vers la ruche, semblaient accélérer leur cadence, effectuant un va et vient avec une telle vitesse qu’on aurait dit des missiles entrant dans le hangar pour aller s’écraser sur les parois de la ruche. Il y eu même une poignée de drones qui fonça vers d’autres et commencèrent à se battre, avant de rompre à nouveau le combat quelques instants plus tard et se diriger dans une autre direction.

Antar vu comment la plupart des drones - ceux du moins, qui ne détenaient pas d’isogen-5 - continuaient d’ouvrir et de fermer leurs griffes, comme pour essayer de saisir le vide de l’espace. Contre l'avis de son responsable de la communication, il tenta de rentrer en contact avec eux, mais il n'y eu pas de réponse. Il soupçonnait que les drones n’étaient pas incapables de communiquer, mais qu’ils étaient simplement trop occupés à faire face à leur nouveau programme pour leur répondre.

Il était sûr de pouvoir ressentir leur personnalité, bouillonnante à travers ce chaos. Ils réagissaient de manière perplexe face au changement qui leur était imposé et ne semblaient pas du tout l’apprécier. Une nouvelle conscience, issue de l’époque de leur fabrication avait soudainement été contrainte de faire machine arrière, comme un chien, qui n’aurait juste qu’à présent qu’appris à errer et qu’on venait de mettre en laisse pour assouvir une vengeance. Il remarqua même que certains des drones transportant l’isogen 5, qui continuaient en apparence leur tâche sans relâche, s’arrêtaient de temps à autres, comme s'ils essayaient de se débarrasser de ces effets, afin de pouvoir retourner une routines plus tranquille.

Alors que son vaisseau s’approchait de l’Abaddon, d'autres sentiments de panique et de désespoir se mirent à errer dans son esprit. C’était le sommet de l'œuvre de toute sa vie, l’ultime chantier qui comblait le vide et qui était censé le remplir pleinement, et tandis qu'il n'avait aucun scrupule quand au règne de terreur qu’il était sur le point de libérer, il commençait déjà à en craindre et haïr chacune de ses minutes.
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Message  Astendar le Lun 27 Juil - 10:23

enfin !! toujours aussi excellent merci ! vivement la suite !

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